Léon Lewkowicz est né en 1930 à Łódź, en Pologne. Il était un véritable miracle pour ses parents, qui avaient attendu de nombreuses années avant d'avoir un enfant – sa mère avait plus de quarante ans à sa naissance.
Le jour de son premier jour d'école, Léon fut agressé par des camarades de classe qui lui baissèrent son pantalon pour vérifier s'il était juif. Il rentra chez lui en larmes, et sa mère décida de le protéger, devenant elle-même son institutrice.
À l'âge de dix ans, la famille fut contrainte de tout quitter et d'entrer dans le ghetto de Łódź. Léon dormait dans une valise sous un lit. Il se souvient que dans le ghetto, il n'y avait pas d'ordures – les gens étaient si affamés qu'ils mangeaient absolument tout. La mort faisait partie du quotidien. À quatorze ans, il arrive au camp de Birkenau, où il survit miraculeusement à la sélection en mentant sur son âge, car tous les enfants de moins de seize ans étaient envoyés directement à la chambre à gaz. Léon échappe de justesse à ce sort – il est l’un des très rares à sortir vivant d’une chambre à gaz lors du soulèvement des Sonderkommandos le 7 octobre 1944.
Il dira plus tard avoir « connu l’enfer de son vivant ». Libéré à Buchenwald, il fait partie des 426 enfants survivants accueillis par l’Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) en juin 1945, aux côtés d’Élie Buzyn.
Après la guerre, ne pesant que trente kilos, il décide de se muscler et d’apprendre à se battre pour que plus jamais personne ne le traite de « sale Juif ». En 1955, il devint champion de France d'haltérophilie, et en 1978, il fut nommé Meilleur Ouvrier de France en tant que maître joaillier et sertisseur. Il épousa plus tard celle qu'il appelait affectueusement sa « libellule ».
En 2024, Léon porta la flamme olympique dans les rues de Paris — symbole vivant de résilience et de force. [...+]