Les Derniers - Asia

Asia
Turgel

Asia Turgel

Asia est née en 1922 à Vilnius, une ville qui, à l’époque, appartient à la Pologne. En septembre 1941, sa famille est forcée de quitter son logement pour s’installer dans le ghetto, avant d’être arrêtée. D’abord son père et ses trois frères, sans même qu’elle puisse leur dire au revoir. Puis Asia, avec sa mère et sa nièce.
À l’entrée du camp elle est envoyée d’un côté de la sélection, tandis que sa mère et sa nièce partent de l’autre. Bien entendu, elle ne connaît pas le sort qui leur est réservé, mais elle sent qu’il n’est pas enviable et ne court pas les rejoindre. Elles sont immédiatement envoyées à la mort dans une chambre à gaz.
Elle ignore comment elle a pu survivre aux interminables appels dans la neige, au froid, à la faim, mais elle se souvient qu’elle veut vivre. Contrairement à certains des détenues, elle ne va pas se suicider en se jetant contre les barbelés électrifiés.
Après la guerre, elle trouve refuge près de Grenoble, dans une maison où sont hébergés d’anciens déportés. C’est là-bas qu’elle rencontre Maurice l’homme qu’elle épouse trois semaines plus tard seulement. Ils s’installent à Paris, dans une chambre minuscule, qui pour elle est un château. Asia est amoureuse, mais elle ne veut pas d’enfant. Elle reste hantée par la peur que les Allemands reviennent et que tout recommence. Lorsqu’elle tombe finalement enceinte, elle cherche à se faire avorter, mais renonce quand son mari menace de la quitter si elle ne garde pas l’enfant. Ils ont un fils. Elle n'en voudra pas d'autre.
Asia est l’unique survivante de sa famille, qui comptait plus de cinquante personnes avant-guerre. Il ne reste rien d’eux. Toute sa vie, ce manque lui a été insupportable. Asia veut témoigner, parler de ses proches assassinés et de son histoire, mais chaque fois qu’elle essaie, elle est bouleversée, parce qu’elle le sait et ne cesse de le répéter : « Personne ne peut comprendre, personne ».

Ma rencontre avec Asia

Extraits

Voir

Asia

« Quand j'ai eu mon enfant je me suis dit que je n'en voulais pas plus, parce que je pourrais peut-être en cacher un mais pas deux »

Photos

Autres témoins