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Ma rencontre avec

Henri

« Je n’étais pas préparé à ça - personne ne l’est - mais moi encore moins que les autres. »

Henri Borlant

Henri est né en 1927, à Paris, dans une famille nombreuse et très modeste d’émigrés russes. Ses grands-parents paternels et maternels avaient, des années plus tôt fui les pogroms qui sévissaient dans la Russie des tsars. Ils étaient arrivés en France sans un sou et sans parler un mot de français. Fin août 1939, alors qu’Henri a douze ans, les autorités décident d'évacuer les enfants des quartiers populaires vers les campagnes françaises. La famille se retrouve alors dans un village près d’Angers, où les enfants sont scolarisés à l’école catholique. Premier de la classe, y compris en catéchisme, Henri est baptisé et fait sa communion solennelle. Il admire tellement le prêtre qu’il envisage de devenir prêtre lui aussi. Mais quelques mois plus tard, en juillet 1942, lui qui se sent plus catholique que juif est déporté à Auschwitz, avec son père, sa sœur Denise et son frère, Bernard. Tous sauf Henri y mourront rapidement. Henri passera plus de deux ans à Auschwitz, il y apprendra toutes les langues du camp et finira même par être considéré comme un « ancien », ce qui lui vaudra le respect des autres prisonniers. Il sera ensuite transféré vers Sachsenhausen puis Ohdruf, une annexe de Buchenwald, d’où il parviendra à s’évader. Sans le savoir, il jouera un rôle historique en prévenant des soldats américains qui se trouvaient dans un village voisin de l’existence des camps. Ils mesureront alors de leurs yeux l’épouvantable réalité.
À son retour à Paris, il a le bonheur de retrouver sa mère, qui a réussi à se cacher avec ses autres enfants, ce qui lui permet de reprendre le cours de sa vie. Il entreprend des études de médecine. Il épouse Hella, une Allemande et a quatre filles. Après s’être tu pendant des années, le besoin de parler s’est fait plus pressant, mais il lui faudra attendre les années 1990 pour qu’il puisse se sentir prêt à parler de son passé.



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